La naissance d’un skieur | À l’aube du succès; un rêve irréel

Gabriel Corriveau | Niveau 4 AMSC – Niveau 2 FESC

J’ai débuté le ski à l’âge de 3 ans au centre de ski Vallée Bleue où j’ai eu la piqûre du sport. Provenant d’une famille de skieur, j’ai débuté ma longue période d’apprentissage de ce beau sport très rapidement. De 3 à 12 ans, j’ai complété tous les cours offerts et les niveaux de ski jeunesse. De son côté, mon frère devient moniteur de ski et devient une inspiration pour moi. Obligé d’attendre l’âge de 15 ans pour devenir moniteur à mon tour, je suis des cours privés, un cours de pré-moniteur, puis un cours d’assistant‐moniteur avant d’obtenir ma certification niveau 1 en décembre 2006. Ma carrière débute ! 

Durant les trois premières années de ma carrière, j’enseigne aux enfants de 3 à 8 ans où je découvre le métier de moniteur. En recevant des formations par des niveaux 4, je vois ces passionnés comme des As du ski. Comme mon frère disait : « Ils doivent être tombés dans la potion magique ! » Sans vraiment m’en rendre compte, c’est à ce moment que je me fixe l’objectif d’obtenir ce haut niveau d’habiletés. Trois ans plus tard, en 2009, la volonté d’agir me mène à obtenir ma certification niveau 2. Dès ce moment, je commence à enseigner à des skieurs plus avancés et confirme ma passion pour le ski avancé.

Mon désir d’aller toujours plus loin me pousse à me présenter au stage niveau 3 en 2011. Inconsciemment, je m’inscris aux examens lors de la même année sans trop connaître l’ampleur du projet. Âgé de 19 ans, je réussis ma certification niveau 3 hors de toute attente. Dès lors, ma voie était tracée. Je commence à enseigner l’année suivante le cours d’assistant-moniteur, j’assiste à mon premier pré-stage pour devenir formateur niveau 1, et j’enseigne à des skieurs experts. Ma carrière de formateur commence ainsi à voir le jour. Je deviens superviseur technique où je commence à donner des formations aux moniteurs et j’apprends la gestion de la clientèle. J’adore cet aspect de l’enseignement et je cherche à devenir un skieur encore plus complet. 

Voulant ouvrir mes horizons, une idée me passe par la tête et je me présente au niveau introduction entraîneur (coach 1) l’année suivante, en 2012, afin de connaître une nouvelle perception du ski. L’approche de l’entraîneur me donne une nouvelle vision de l’enseignement et me montre que je peux encore apprendre. Je décide en 2014 de faire le niveau développement (coach 2) où je confirme que les divers aspects de l’entrainement du skieur apportent beaucoup à l’enseignement du ski en général. 

N’étant pas encore rassasié, je prends plusieurs formations privées, entre 2012 et 2016, les vendredis soir avec, entre autres, mon frère et des collègues. 
Ma passion pour le ski me mène à skier un à deux soirs par semaine en plus des deux jours la fin de semaine. Le ski j’en mange ! Les formations et le nombre de jours de ski n’ont plus d’importance. Il faut skier encore et encore plus ! 

C’est alors qu’un projet pilote, celui des délégués régionaux, démarre à l’AMSC Québec. Un programme qui permet de valoriser le métier de moniteur de ski et de représenter l’AMSC Québec sur le terrain à travers la province. Je décide de déposer ma candidature afin de pouvoir transmettre ma passion pour le ski et promouvoir l’enseignement du ski. Ma candidature est retenue et je débute à parcourir le Québec. Je réalise mieux les besoins des diverses stations de ski, les défis et contraintes de recrutement, ainsi que ce qui motive les moniteurs à enseigner. C’est un aspect que je n’avais pas touché auparavant et ça m’a permis de mieux comprendre le monde du ski alpin au Québec.

Stressé par l’idée, je décide en 2016 de faire le stage du niveau 4. Ce n’est même pas dans mes plans de le réussir au complet, simplement d’obtenir la portion ski pour me confirmer mon niveau d’habilité. Je m’inscris donc à cet examen peu de temps après avoir fait le stage. Et, c’est une réussite ! Pour moi, mon objectif était atteint. 

En 2017, une idée me passe par la tête : pourquoi pas ne pas tenter de finir le niveau 4 que j’ai entamé en 2016? Je décide donc de me lancer dans la partie « Enseignement Expert »,  celle qui manque à ma certification. À la fin de la saison 2017, je me présente à l’examen d’enseignement où je vis ma première défaite. Depuis l’âge de 3 ans, je n’avais jamais été confronté à l’échec et quel choc! Étant déjà satisfait de mon parcours, pourquoi aller plus loin ?

L’été passe et de retour sur les skis, je décide de me préparer à nouveau pour l’examen à la fin de la saison. J’utilise une approche différente que lors de ma première tentative. Arrivé à l’examen en avril 2018, confiant de cette nouvelle approche, je vis pourtant mon deuxième échec. Deuxième état de choc. Remise en question de mes capacités, volonté d’aller plus loin questionnée et espoir disparu, je retourne chez moi et je réfléchis. 

Je suis approché à l’été 2018 pour faire partie de l’équipe masculine de l’Eastern Canada Demo Team, une équipe de ski synchronisé allant à une compétition à Aspen au Colorado. Emballé par ce nouveau défi, je m’y lance à deux pieds et m’y investis pleinement. Ce projet me redonne l’énergie qu’il me fallait pour me motiver de nouveau. Rien n’arrive pour rien! 

Un autre été passe et je me dis qu’il est impossible pour moi de baisser les bras et de ne pas terminer le niveau 4. Je change mon fusil d’épaule et je décide de faire une dernière tentative. Cette fois‐ci, avec pour seul « mentra » en tête : advienne que pourra. C’est donc en février 2019, que je me présente à l’examen d’enseignement avec confiance. Hourra ! C’est avec soulagement que le 6 février 2019, le rêve irréel se réalise! Âgé de 27 ans, je réussis mon but ultime : la réussite de mon niveau 4. 

À la suite de ma réussite, une discussion me marque par mon superviseur qui est aussi formateur niveau 4 : « Maintenant que tu as atteint le sommet, avec du recul, tu vas ressentir un certain vide. Il n’y a plus rien comme niveau au‐dessus. Tu verras les niveaux à titre de formateur pourront devenir tes nouveaux défis. Sans oublier les niveaux entraîneurs qui peuvent t’aider  à poursuivre ton cheminement. L’apprentissage ne se termine pas là ! » Cette discussion m’ouvre les yeux sur les différentes possibilités et me fait réfléchir sur mes objectifs futurs. Pourquoi pas ne pas tenter d’aller plus loin? Je veux maintenant partager mon histoire et aider les gens à évoluer dans le domaine du ski. C’est par les embûches qu’il est possible d’apprendre sur soi‐même. En se fixant des objectifs, quels qu’ils soient, il faut tout faire pour s’y rendre, peu importe le chemin choisi !

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